5 autres tips pour faire durer le plaisir au boulot
5 autres tips pour faire durer le plaisir au boulot

Bonjour à tous ! 

Ceci est la suite de l’article : 5 tips pour augmenter son plaisir au boulot, que je vous invite à lire si ce n’est pas déjà fait.

Voici donc 5 conseils complémentaires, plus axés sur la conservation dans le temps du plaisir au travail :

 I – Sortez régulièrement de votre zone de confort

Dans notre vie professionnelle, nous avons tous déjà côtoyé quelqu’un – appelons le Thierry –  qui fait exactement le même job depuis des années et qui nous apparaît comme rigide et aigri. En a-t-il toujours été ainsi ? Probablement pas. 
Que s’est-il passé alors ?

Tel la grenouille qui ne savait pas qu’elle était cuite, tel le Rocky Balboa embourgeoisé qui se fait dérouiller par Mister T, Thierry s’est laissé piéger, doucement, imperceptiblement, par son petit confort. Professionnellement, il a “fait son trou”, construisant brique par brique un écosystème (missions, interlocuteurs, outils et méthodes) dont il a la parfaite maîtrise, mais qui se révèle être une prison dorée. Thierry est à présent rétif à toute nouvelle responsabilité ou à tout changement, et se montre méfiant envers ceux qui semblent s’intéresser d’un peu trop près à ce qu’il fait.

Au fond, le plus dangereux dans la vie, ce n’est pas de prendre des risques, c’est de ne jamais en prendre. L’ indolence mène à terme à la démotivation, à la perte de confiance en soi et au mécontentement. Le plaisir quant à lui n’est jamais synonyme d’évitement des désagréments. Il réside avant tout dans la stimulation, la nouveauté, le dépassement des doutes et des obstacles. 

Alors que peut-on faire concrètement pour éviter de se fossiliser dans sa zone de confort ? Voici trois suggestions :

1 – Optimiser et simplifier son job, de manière à le rendre transférable à quelqu’un de moins expert que vous. Ainsi, vous pourrez vous concentrer sur des nouvelles tâches, si possible à plus forte valeur ajoutée.

2 – Se porter volontaire pour un travail, justement parce que vous ne savez pas le faire (ex. organiser un événement).

 3 – Collaborer en priorité avec les gens avec qui vous n’avez pas l’habitude de travailler. Cela vous permettra d’apprendre des choses nouvelles et de remettre en cause des choses que vous teniez pour acquises, ce qui n’est jamais une mauvaise chose.

 II – Définissez clairement les règles du jeu

Une partie importante de la frustration en milieu professionnel peut provenir d’un flou persistant sur deux éléments antagonistes :

1 – Ce qui est réellement attendu de nous en termes d’implication et d’amplitude horaire.

2 – Ce qu’on est réellement prêt à donner, en temps, en énergie et en concessions eu égard à nos valeurs.

Par exemple, pour obtenir des missions, les cabinets de conseil doivent produire des propositions commerciales (dont la contraction donne “propales”). Dans nombre de cabinets, il n’y a pas de service dédié pour les rédiger et c’est donc aux consultants de s’y coller. Pour chaque propale, une petite équipe se monte de manière assez informelle autour de l’Associé en charge de sa remise. Trop souvent, l’équipe reste dans le flou quant à la quantité de travail réelle à fournir d’une part, et quant à la volonté et l’aptitude de chacun à y contribuer d’autre part. Trop souvent aussi, la rédaction de la propale se termine “dans la douleur”, avec une nocturne impromptue pour respecter l’échéance. Tout le monde se doutait que ça allait arriver, peu osaient se l’avouer et personne n’a pris les mesures pour que ça n’arrive pas. 

Bien sûr, il aurait été extrêmement mal vu pour un junior de dire le soir du bouclage : “je vous préviens, il est hors de question que ça se termine encore à minuit. Fini ou pas, je m’en vais à 20h00 dernier carat. De toute façon, vous n’avez pas vraiment besoin de moi”. 

Cela dit, un discours quasiment similaire serait tout à fait audible de la part d’un Associé une semaine avant la deadline. Si ce dernier annonce d’emblée que tout le monde devra s’arrêter à 19h00 à J-1, propale finie ou pas (quitte à ne pas la rendre), une part du flou sera dissipée et les collaborateurs s’organiseront mieux pour finir dans le temps imparti (quitte aussi à revoir à la baisse les ambitions en termes de quantité ou de qualité).

Donc au lieu de dire : “je ne devrais pas lire mes mails ce week-end, mais je suis bien obligé(e) parce que…” , établissez dès le départ vos règles du jeu et tenez-vous y. Si vos règles personnelles ne sont pas complètement déraisonnables, elles seront acceptées par vos collègues, les amèneront peut-être à adopter des dispositions similaires et sûrement à mieux anticiper leurs sollicitations futures (on vous a sûrement déjà fait le coup du manager qui attend 18h00 pour vous passer le dossier urgent qui traînait sur son bureau depuis 9h00).

D’une certaine manière, le travail devrait être toujours vu comme une optimisation sous contraintes, la contrainte principale étant le temps. Au delà d’une certaine heure, obligez-vous à lever le crayon. Vous n’avez pas fait ce que vous aviez prévu ? Tant pis, assumez. La prochaine fois, vous prévoirez moins mais mieux… De toute façon, le travail est infini, vu qu’il s’auto-génère. Définir et poser des limites claires est le meilleur moyen pour ne pas basculer dans un engrenage qui conduit souvent au burn-out. Mais la contrepartie de cela, c’est une conduite professionnelle irréprochable pendant les heures ouvrées. Pas si simple donc… Se respecter afin que les autres nous respectent demande des efforts, mais cela en vaut largement la peine.

III – Ne partagez que votre bonne humeur

Nouvel épisode de froid polaire sur le plateau : la dépression Brigitte vient d’arriver, apportant avec elle de sombres nuages, chargés en mauvaise humeur. Elle est comme ça Brigitte, toujours à râler, à dénigrer, à soupirer, comme si le poids du monde reposait sur ses seules épaules…Et en un sens, on la comprend. Elle a certainement ses raisons. 

Mais le problème avec la mauvaise humeur, c’est que c’est contagieux… Une histoire de neurone miroirs probablement…Vous devez donc faire attention à ne pas contaminer l’eau du puits dans lequel vous vous abreuvez. Évitez, autant que faire se peut, d’avoir des attitudes négatives en public. Vider votre sac vous soulagera peut-être, mais cela se fera bien souvent au détriment de vos collègues.

Pour autant, je ne dis pas qu’il faut toujours prendre sur soi et ne jamais faire entendre sa voix lorsque quelque chose nous affecte. Je dis simplement qu’il faut prendre garde à la banalisation de la négativité. À la pause café, plutôt que de parler du “connard qui vous a bousculé ce matin dans le tramway”, parlez plutôt de “cette nouvelle série trop bien que personne ne connaît encore”.

Ce qui importe d’ailleurs, ce n’est pas tant le fond de ce que vous racontez que la manière dont vous le racontez. En réalité, nos collègues sont toujours friands d’anecdotes où l’on fait preuve d’humour et d’auto-dérision. C’est un peu le principe du site web VDM, sur lequel les internautes peuvent partager leurs mésaventures à travers des posts brefs et souvent hilarants.

Plus que jamais, une attitude positive constitue dans le monde professionnel une compétence à part entière et un facteur déterminant dans la performance d’une équipe. Un des managers les plus inspirants que j’ai eu était sur le plan technique assez faible. En revanche, ses qualités de facilitateur et d’animateur permettaient à son équipe de se sentir protégée, valorisée, choyée. Ce manager s’entretenait individuellement avec chaque membre de l’équipe sur une base quotidienne. Tous les matins, il s’asseyait donc à mon desk, me regardait dans les yeux, me souriait et me demandait si ça allait et s’il pouvait m’aider à quoi que ce soit. Comme c’était agréable ! Je me sentais vraiment quelqu’un d’exceptionnel (le fameux effet Werther’s).

On le sait tous, une attitude positive permet de déplacer des montagnes. Mais ce n’est pas naturel pour la plupart d’entre nous (en tant que Français, on a quelque peu la râlerie dans le sang). En fait, à l’instar de la cigarette, il faut un peu se forcer au début pour que ça devienne une habitude plaisante par la suite. Attention, je ne vous exhorte pas non plus à vous comporter “à l’américaine”, en étant toujours dans l’emphase et la démonstration, ça risquerait de sonner faux. L’important est de composer avec ce qu’on est, de trouver son propre style en restant toujours sincère et authentique.

IV – Ne prenez pas les choses trop personnellement

Une des plus grandes menaces du plaisir au boulot, ce sont les petites trahisons, piques et vexations entre collègues ou alors les remontrances d’un chef à son subordonné.

Au fond, il s’agit toujours du même mécanisme : vous vous êtes senti agressé par ce que votre collègue à pu dire (ou ne pas dire) faire (ou ne pas faire) et au lieu de  vous interroger sur la subjectivité de celui qui vous a offensé, vous ramenez tout à vous…

Mais dites-vous bien une chose : lorsqu’une personne agit par rapport à vous, en réalité cela en dit bien plus sur elle que cela n’en dit sur vous.

C’est un peu comme avec les films de science-fiction qui se passent dans le futur : le film en dit beaucoup plus sur l’époque à laquelle le film a été conçu que sur la période traitée dans le film. De même, que nous révèle un homme qui bat son chien ? Que le chien est indiscipliné ou que l’homme est violent ?

À ce propos, si un chef vous dit : “vous êtes nul”, en fait, c’est lui qui l’est (selon une loi universelle bien connue des cours de récré). Un meilleur chef dirait par exemple : “Je te remercie pour l’effort que tu as fourni sur ce dossier, mais le travail que tu m’as rendu ne satisfait pas les standards de la société sur plusieurs points que j’aimerais que l’on passe ensemble en revue”. Entre les deux approches, l’impact sur votre image de soi sera radicalement différent. Pourtant, au fond, la seule différence, c’est la capacité du chef à communiquer de façon non violente et constructive. Le problème se trouve principalement chez lui, pas chez vous. Parfois, pour ne pas être affecté plus que nécessaire, il faut donc savoir se mettre dans la posture de Jésus disant : “Pardonne leur, Père, car ils ne savent pas ce qu’ils font”.

Partez du principe que vos collègues ont aussi leur subjectivité, leurs failles, et surtout un système de croyances et de valeurs qui leur est propre. Ne projetez pas votre mode de fonctionnement sur les autres, c’est le meilleur moyen d’être frustré et déçu.

Quelqu’un qui ne vous dit pas bonjour le matin ne vous fait pas forcément la tête. Il est peut-être préoccupé, timide, pressé. A priori vous n’en savez rien…De même, ne vous attendez pas à ce qu’un chef proverbialement avare de compliments fasse une exception pour vous. Prenez les signes de reconnaissance quand ils viennent, mais ne courrez pas derrière à tout prix.

V – Découvrez à quel point vos collègues sont formidables (dans la vraie vie)

Plusieurs choses peuvent nous attirer dans un job au départ : prestige, salaire, intérêt des missions, etc. mais ce qui nous fait rester, c’est toujours les personnes.

Une entreprise est un groupe d’individus plus ou moins disparates, rassemblés autour de valeurs et d’objectifs communs. Pour éprouver un bien-être durable dans notre milieu professionnel, nous avons besoin de nous sentir connectés à nos collègues, à un niveau qui va au delà du simple échange cadré et normé par des procédures.

Au départ, nos collègues sont pour nous des étrangers. Nous avons donc tendance à nous montrer méfiants et désengagés vis-à-vis d’eux. Lorsque nous cessons de voir nos collègues comme des étrangers, la tolérance, le respect et enfin la confiance peuvent s’établir avec eux, ouvrant la voie à la performance d’équipe.

C’est exactement ce que visent les actions de Team Building. Ces dernières nous permettent d’envisager nos collègues non plus comme des freins ou des menaces, mais comme des êtres humains à part entière avec une histoire, des centres d’intérêt, des émotions et comme des partenaires potentiels.

De mon point de vue, il est quasiment impossible d’être l’ennemi professionnel de quelqu’un avec lequel on ressent une connexion en dehors du travail.

C’est par exemple ce qui se passe par exemple dans : Le diable s’habille en Prada. Dans le film, Andrea Sachs (Anne Hathaway) travaille comme assistante de Miranda Priestly (Meryl Streep), personnage fortement inspiré d’Anna Wintour, la rédactrice en chef du magazine Vogue. Miranda est hautaine, autoritaire et ne fait preuve d’aucune empathie . Elle est à la fois crainte, respectée et détestée par ses collaborateurs. Dans le dernier quart du film, au moment où Andrea, lasse des mauvais traitements qu’elle subit continuellement, a enfin l’occasion de prendre sa revanche, elle découvre une facette de Miranda qui lui était inconnue jusqu’alors : celui d’une mère divorcée en proie à une grande solitude. Et au lieu de céder aux sirènes de la vengeance, Andrea aide Miranda à déjouer un complot professionnel. Ainsi, elle préserve son éthique et gagne le respect de son horrible (?) patronne.

En somme, les connexions humaines en milieu professionnel sont importantes, car au delà du sentiment d’appartenance essentiel qu’elles apportent, elles permettent de donner du sens à nos actions. Nous sommes plus enclin à faire des efforts, à prendre des risques parce que nous savons que c’est pour le bien de l’équipe et que l’équipe est derrière nous. En athlétisme, les coureurs de relais 4×400 m sont familiers de ce phénomène. Sur cette distance très exigeante (les 100 derniers mètres sont un véritable calvaire), ces derniers courent presque toujours plus vite pour l’équipe qu’en individuel, ce qui double leur satisfaction : celle d’avoir bien couru et celle de l’avoir fait pour l’équipe.

Si vous souhaitez exploiter à plein ce levier de la connexion humaine, ne vous contentez pas de fréquenter toujours les mêmes collègues. Apprenez à connaître un maximum de monde, y compris (surtout !) ceux avec lesquels vous n’avez aucune affinité a priori. Choisissez par exemple un collègue avec qui les relations sont difficiles. Invitez-le à déjeuner et posez-lui des questions sur sa vie, ses centres d’intérêt, ses valeurs, ses attentes. Vous trouverez sûrement des tas de choses en commun avec lui… Et surtout, vous apprendrez ce qui est important pour lui et vous pourrez lui transmettre ce qui est important pour vous.

Sans chercher forcément à devenir ami avec tout le monde, essayez donc d’adopter une posture générale de saine curiosité, de bienveillance et de non-jugement. Vos efforts feront sûrement des émules, contribuant à faire de votre environnement de travail  “A Great Place to Work

CONCLUSION

Quel conseil  parmi les 10 proposés sur les 2 articles fait le plus sens pour vous ? Pourquoi ? 

Lequel vous paraît le plus compliqué à mettre en oeuvre ? Pourquoi ?

Enfin, sur quel autre sujet souhaiteriez-vous que j’écrive la prochaine fois ?

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