5 tips pour augmenter son plaisir au boulot
5 tips pour augmenter son plaisir au boulot

Travailler pour vivre ou vivre pour son travail ? Probablement un peu des deux ! Depuis une vingtaine d’années, les frontières entre vie professionnelle et vie personnelle, autrefois clairement délimitées dans le temps et l’espace, ont tendance à s’estomper… pour le meilleur (télétravail, impression de ses billets de train au bureau) et aussi pour le pire (les mails à 2 heures du mat’). Avec la génération Y et les “millennials” s’est aussi installée durablement la notion selon laquelle un job devait avoir du sens, être fun et “challenging” et surtout être un vecteur d’épanouissement personnel. Lorsqu’on observe le comportement des gens qui se rendent au travail le matin, on se dit parfois qu’on en est loin…et que c’est bien dommage !

Voici donc sans plus attendre 5 conseils pour arrêter de faire la gueule dans les transports le matin.

1 – Appréciez vos collègues pour ce qu’ils ont à offrir

Le motif principal de mécontentement au travail réside dans les relations avec les collègues. Plus précisément, c’est le décalage entre nos attentes vis-à-vis d’eux et la réalité qui nous peine. On se dit : “pourquoi Jean-Pierre m’a-t-il rendu un tel torchon en guise de rapport, il se moque de moi ou bien ?”. Et pourtant vous le savez bien, le rédactionnel, n’est pas le fort de Jean-Pierre. Cela fait 20 ans que c’est comme ça, et ça ne va pas changer du jour au lendemain, uniquement pour vos beaux yeux et vos lunettes carrées de manager. Ce que vous savez aussi, c’est que Jean-Pierre est un élément essentiel de l’équipe : c’est “la mémoire” du service et il excelle en programmation (il a monté tous les modèles de pricing du service)… en plus, il est toujours là pour mettre l’ambiance aux pauses café et à la cantine. La prochaine fois, vous le solliciterez sur un sujet qu’il maîtrise ou qui l’intéresse, et tout le monde sera content. Souvent, la clé d’une organisation performante et épanouie, c’est simplement mettre les bonnes personnes en face des bonnes tâches

D’autre part, il faut accepter que tout le monde ne performe pas au même niveau dans une équipe. D’ailleurs, trop de stars dans une équipe peut nuire à sa performance d’ensemble. C’est ce qu’on appelle le “Ringo effect“. Qu’est-ce qui a permis aux Beatles de devenir le meilleur groupe de l’histoire ? L’esprit de compétition entre John Lennon, Paul Mc Cartney et George Harrisson ? Un peu, mais pas que. C’est aussi la présence de Ringo Starr, batteur “honnête sans plus”, qui apportait le côté “désamorceur de tensions” au groupe, nécessaire à son équilibre psychique et musical. Si les Beatles avaient eu un batteur virtuose à la place de Ringo, ils auraient certainement produit in fine une musique moins touchante et plus prétentieuse (émaillée d’interminables solos de batterie).

2 – Voyez l’imprévu comme un jeu

Vous vous souvenez la fois où Josiane a “merdé” le bouclage d’un dossier et que vous avez du ramer auprès du client pour recoller les morceaux ? Bien sûr, puisque c’était il y a trois ans et que vous en parlez encore. C’est même l’une de vos anecdotes favorites. 
Au final, c’était un mal pour un bien : les liens de votre société avec ce client se sont renforcés, la hiérarchie a vu de quoi vous étiez capable en situation de crise et vous êtes devenu le héros de Josiane.
La moralité : toute expérience, même déplaisante sur l’instant, est bonne à prendre. Bien sûr, on aimerait que tout fonctionne sans anicroche, mais l’imprévu est inévitable, autant s’y préparer.
Typiquement, nous voyons une situation d’incertitude et /ou de défi successivement sous l’angle de la menace (phase de résistance) et sous l’angle de l’opportunité (phase de mobilisation). Ce qui nous permet de passer de la résistance à la mobilisation, c’est l’acceptation et l’adaptation. Plus on s’entraîne à l’acceptation et à l’adaptation, plus ça devient facile et gratifiant.
Par exemple, si mon boss m’informe que je devrai prendre la parole devant 500 personnes dans un  mois, sur un sujet que je ne maîtrise pas : passé le quart d’heure de panique initiale, je me dirai que c’est l’occasion où jamais de progresser sur ma prise de parole en public et dresserai sans plus attendre un inventaire de ce dont je dispose déjà et de ce dont j’ai besoin pour assurer le jour J.
 

3 – N’hésitez pas à dire que vous ne savez pas

Un des plus grands fléaux de la vie en entreprise, c’est que les gens n’osent pas dire qu’ils ne savent pas.

Ils s’accordent en général les deux premières semaines suivant leur arrivée pour en poser (“ça veut dire quoi TBM ?” ; “c’est qui le gars qui vient de faire irruption dans le bureau pour nous serrer la main ?”), et au delà, ils considèrent que la perte d’image auprès des collègues est supérieure aux bénéfices de la réponse.

Pourtant, le fait d’être honnête et transparent sur ce qu’on sait (ou qu’on a compris) confère plusieurs avantages :

A) Cela réduira la pression d’infaillibilité dans le service (qui mène parfois à des catastrophes) et contribuera à créer une atmosphère de  non-jugement et de bienveillance

B) Ceux qui savent se sentiront valorisés

C) Ceux qui ne savaient pas mais qui n’ont rien dit en profiteront également

D) À titre personnel, vous mourrez moins bête (c‘est pourquoi dans toutes les salles de réunion, devrait figurer en bonne place cette citation d’Albert Einstein : “Pose ta question, tu seras idiot une seconde. Ne la pose pas, tu seras idiot toute ta vie.”)

4 – Musclez-vous professionnellement

Vous avez sûrement déjà vu des vidéos où des cuisiniers coupent ou épluchent à toute vitesse, des manutentionnaires s’envoient des tonneaux en les faisant rouler sur la bordure, des secrétaires comptent les billets ou tamponnent des coupons à la fréquence d’une mitraillette.

Les personnes de ces vidéos ont toutes un point commun : visiblement, elles prennent plaisir à ce qu’elles font. Normal me direz-vous, c’est gratifiant d’être bon dans ce qu’on fait… C’est vrai, non seulement en termes de reconnaissance externe, mais aussi en termes d’intérêt intrinsèque de la tâche réalisée. Lorsque cette dernière est exécutée avec maestria, elle devient une récompense en elle-même : le temps n’existe plus, on est serein, concentré, en immersion, notre ego s’efface, on ne fait plus qu’un avec la tâche à accomplir… bref, on a le flow. Pour atteindre le flow, il faut pousser le niveau de challenge et le niveau de compétences mobilisées à leur maximum.

 Donc si vous voulez vous faire plaisir au travail et vivre l’expérience optimale du flow, il faut s’en donner les moyens au préalable en investissant du temps et de l’énergie pour devenir (très) bon dans ce qu’on fait. Au delà du nombre d’heures, ce qui compte, c’est la force de l’intention. Ce que vous faites, faites-le à fond. Déconnectez la messagerie instantanée, réservez-vous une bulle de réunion pour être au calme et ne vous dispersez pas avec votre téléphone ou internet. Chaque jour vous offre l’occasion de devenir un meilleur professionnel, saisissez-la !

5 – Prenez bien conscience qu’au bout du compte, personne ne vous oblige à être là

Mon dernier conseil. Relativisez ! Ce n’est que du boulot. Vous avez plein d’autres choses dans la vie (enfin j’espère !) : votre famille, vos potes, votre abonnement à Netflix et surtout votre liberté de penser.

De mon observation, lorsqu’on sait qu’on va bientôt quitter un environnement professionnel (fin de mission, fin de stage, démission, changement de département), on la joue “plus relâché” et ça se passe mieux. On n’essaie plus de prouver quoi que ce soit aux autres, ou de les changer non plus ; du coup on a des relations plus authentiques et dépassionnées avec eux, on perçoit mieux ses priorités, on apprécie mieux toutes les petites choses qui font le sel de la vie professionnelle (un moment de convivialité, une jolie slide ppt, une répartie subtilement puissante) . 

Donc si cela fait un moment que vous êtes frustrés par votre boulot, essayez de vous dire que vous êtes parti(e) dans votre tête (mais continuez quand même à faire ce pour quoi on vous paie, à la manière d’un Japonais qui fait grève en travaillant avec son brassard). 

Et si ça n’arrange pas les choses, partez pour de vrai, cela vaudra certainement mieux pour tout le monde. Par bien des aspects, travailler est une chance, mais ça devrait aussi être un plaisir. Si votre environnement actuel ne vous convient pas, ne doutez pas qu’il en existe forcément un qui sera mieux adapté à vos attentes, vos compétences, votre expérience et votre personnalité.

 

Conclusion

Pour conclure, les relations entre travail et plaisir sont ambivalentes, mais à même de générer la spirale vertueuse suivante : le plaisir nous motive à travailler ; le travail bien fait est source de plaisir.

Et vous, quels moyens mettez-vous en oeuvre pour créer et préserver cette spirale vertueuse ? 

P.S. Si quelqu’un en fait la demande dans les commentaires, je rédigerai la deuxième partie de cet article, avec 5 conseils supplémentaires, cette fois plus axés sur la défense du plaisir au travail.

This Post Has 3 Comments

  1. Article très intéressant! Je vais suggérer à ma boss d’afficher dans notre salle de réunion la citation d’Einstein « Pose ta question, tu seras idiot une seconde. Ne la pose pas, tu seras idiot toute ta vie. » 🙂
    J’espère avoir bientôt le plaisir de lire la 2e partie de l’article!

  2. Article intéressant et bien écrit.

    Quels sont donc vos 5 conseils supplémentaires M. Salz ?

    Merci!

    1. Merci Paul.
      Les 5 conseils supplémentaires paraîtront demain dans la deuxième partie de l’article.

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