Les 5 écueils de l’auto-coaching
Les 5 écueils de l’auto-coaching

Un coach est un professionnel de l’accompagnement qui aide ses clients à atteindre leurs objectifs mieux et/ou plus vite.

Les obstacles à la démocratisation du coaching professionnel (tel que défini et enseigné par les 3 grandes fédérations françaises :  ICF France, EMCC France et SFC) sont nombreux :

  • « Coaching » est un terme « fourre-tout », qui rassemble sous une même bannière des activités très différentes (coaching d’affaires, coaching de vie, coaching sportif, coaching minceur, coaching ménage, etc.) ;
  • Certains préjugés tenaces du grand-public (pour qui se faire coacher est un aveu de faiblesse et/ou d’incompétence) ;
  • La désinformation médiatique. Dernier exemple en date, Julia de Funès fait en ce moment la promotion de son livre : le développement (im)personnel, en cherchant à ternir la profession de coach, dont elle ne sait visiblement pas grand-chose.

Mais pour moi, l’obstacle majeur à la démocratisation du coaching, c’est qu’il s’adresse fondamentalement à des personnes motivées et débrouillardes, et que ces personnes sont tentées de s’auto-coacher.

Cela se comprend : « pourquoi payer 100€ une séance de 45 minutes alors qu’on peut acheter un livre qui couvre le sujet pour 20€ ? »

Mais s’auto-coacher est-il vraiment possible ?

Honnêtement, je ne sais pas. Ce que je sais en revanche, c’est qu’il y a des écueils importants qui rendent la chose difficile.

Voici donc sans plus attendre les 5 écueils de l’auto-coaching, auxquels répond (bien entendu) le coaching professionnel.

1 – Déformation

Tout ce que nous vivons est issue d’une rencontre entre :

  • d’une part des faits objectifs
  • d’autre part notre système de perception, de croyances et de valeurs

Lorsque nous sommes impliqués dans une situation, nous ne disposons pas toujours du regard objectif et distancié nécessaire pour agir de manière efficace ou appropriée.

Ex. un enfant à qui la mère refuse d’acheter un jouet dans un magasin se roule par terre, sous les regards amusés, réprobateurs ou compatissants des autres clients. La colère de l’enfant ne semble légitime qu’à lui.

Quelqu’un qui s’auto-coache pourra facilement tomber dans le piège de penser que lui a raison et que les autres ont tort.

Le coach est entraîné pour détecter dans les propos de son coaché des indices de distorsions (« sans moi, cette boîte ne tiendrait même pas un mois »), généralisations (« avec lui, c’est toujours pareil »), omissions (« on sait bien que… »). Par ses recadrages (de sens, de contexte, de temps, de position de perception, etc.), le coach permet au coaché d’adopter une perspective nouvelle sur sa situation qui fera émerger des solutions inédites.

2 – Évitement

Certains sujets sont délicats à aborder, y compris avec soi-même. Ils nous font nous sentir inadaptés, défaillants, impuissants. Soit nous refusons d’admettre l’existence du problème (« je ne suis pas alcoolique, j’aime juste me détendre après une dure journée de travail »), soit nous refusons de l’affronter (« je bois pour oublier que je bois »).

Nous mettons en place des stratégies d’évitement car le changement nécessaire est un processus inconfortable. La présence de quelqu’un qui soutient et encourage est souvent salutaire.

Le coach n’est pas là pour caresser le coaché dans le sens du poil. Il le confronte avec bienveillance pour l’aider à identifier et admettre ses points de progrès. C’est la partie potentiellement désagréable du coaching qui pourtant justifie sa mise en œuvre.

3 – Ressassement

Dans bien des cas, l’obsession de l’atteinte d’un objectif constitue le plus grand obstacle à sa réalisation.

Ex. Pour m’endormir, le fait de me demander pourquoi je ne m’endors pas ne sera sans doute pas aidant.

Ex2. Si je veux que quelqu’un m’aime, les démonstrations d’affection trop nombreuses, fréquentes ou disproportionnées auront plutôt tendance à faire fuir l’autre.

Quelqu’un qui s’auto-coache aura tendance, pour obtenir quelque chose, à s’acharner et à faire plus de ce qu’il faisait déjà. S’il n’y parvient pas, il risque de s’enfermer dans une spirale d’auto-dévalorisation.

Un coach extérieur, lui, œuvrera pour dissiper la tension liée aux tentatives d’atteinte de l’objectif. Il proposera alors soit d’arrêter la poursuite des tentatives de solution (approche Palo Alto première génération), soit de changer d’objectif, préférentiellement en allant à l’opposé de l’objectif initial (approche Palo Alto deuxième génération).

4 – Solution toute faite

Lorsqu’on s’auto-coache, on peut être tenté de faire l’économie d’un diagnostic sincère de son problème, d’une définition précise de son objectif, de l’inventaire exhaustif des ressources à disposition et des freins à lever.

Il peut être tentant de faire entrer au chausse-pied à son contexte une solution rapide, « sur l’étagère ».

Ex. Je me sens déprimé à je me fais prescrire du du Prozac et je vais faire les magasins ; je me suis fait virer à je prends un avocat et j’attaque aux Prud’hommes ; Ma femme ne m’attire plus à J’ouvre un compte sur Glee Eden

Ce qui fonctionne pour les uns ne fonctionnera pas pour les autres. Nous sommes et nos problématiques sont uniques. À des problèmes riches en nuances, il existe rarement des solutions universelles.

Un coach professionnel déroule un processus de questionnement qui permet de ne pas tirer des conclusions hâtives et dans lequel il se garde bien de donner des conseils (s’il est expert du processus, son coaché est expert de lui-même et seul responsable de ses décisions).

5 – Inaction

Dans l’absolu, nous aimerions tous avoir des corps d’athlète, un mode de vie sain, un intérieur propre et bien rangé, payer toujours nos impôts à l’heure et être à jour de nos vaccins.

Pourtant nous ne le faisons pas. Pourquoi ?

Parce que c’est coûteux en énergie et qu’être économe en énergie est nécessaire à la survie de l’espèce.

Quelqu’un qui s’auto-coache court le risque de définir des objectifs trop ambitieux au regard de ses motivations réelles.

Un coach professionnel quant à lui :

  • Sait que la volonté est extrêmement limitée en quantité et que la réussite passe par l’aménagement de l’environnement et le jalonnement en étapes raisonnables et progressives
  • Aide le coaché à préciser ses motivations au-delà de l’envie vague (en cherchant du côté des valeurs et des besoins) Il interroge aussi l’intérêt du coaché à ne pas faire. Ex. fumer est une manière de créer du lien social. Arrêter de fumer signifie pour certains renoncer à ce lien.
  • Permet la prise d’engagement formel devant un tiers. La plupart des gens font des efforts supplémentaires pour tenir ce à quoi ils se sont publiquement engagés.

Conclusion

Cet exposé rapide des écueils de l’auto-coaching nous a permis de mieux prendre la mesure de l’utilité d’un coach professionnel.

Les démarches de coaching par un tiers et d’auto-coaching ne sont pas exclusives, elles sont complémentaires. Les coachés qui ont réfléchi sur eux-mêmes et qui se sont familiarisés à la démarche de questionnement du coaching sont plus à même de faire des progrès rapides en séance avec un coach professionnel.

Et vous ?

Qu’avez-vous accompli par vous-même ? Sur quoi auriez-vous aimé être accompagné ? Êtes-vous déjà allé voir un coach ? Qu’est-ce que ça vous a apporté de plus ?

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