Pour 2019 : lâchez les résolutions, passez aux objectifs
Pour 2019 : lâchez les résolutions, passez aux objectifs

Chaque année, 7 français sur 10 prennent des bonnes résolutions pour l’année.

Typiquement : manger mieux, dormir plus, perdre du poids, faire du sport, ranger son appartement, appeler sa famille, moins stresser, arrêter de fumer.

Cela n’étonnera personne, seulement 5% de ceux qui prennent des résolutions déclarent les tenir.

D’ailleurs, à quoi servent les résolutions si on ne les tient pas ?

  • À se gargariser en pensant à son “Soi parfait” dans un futur fantasmagorique (exemple : “quand j’aurai perdu 10 kg, aucune femme ne pourra me résister”).
  • À se rassurer, puisque chaque année on ne les tient pas, mais le monde continue de tourner.
  • À se dire que finalement, on n’est pas si mal avec son “Soi imparfait”. Le “Soi parfait” (qui ne s’énerve jamais, qui mange sain et se couche avec les poules), on l’a un peu essayé et il nous ennuie à mourir…

Cela dit, les résolutions de début d’année ont une fonction importante : elle témoignent du désir de s’améliorer soi-même.

Pourtant elles ne produisent que rarement les résultats escomptés, et ce pour plusieurs raisons que nous allons évoquer dans la première partie de cet article. Dans la seconde partie, nous allons voir qu’il faut remplacer les résolutions par des objectifs et nous allons voir quelles doivent être les caractéristiques de ces objectifs.

 

I – POURQUOI LES RÉSOLUTIONS NE FONCTIONNENT PAS

A – On en prend trop d’un coup

En ce qui concerne les résolutions, on a souvent les yeux plus gros que le ventre. Qu’est-ce qui nous fait croire que nous pouvons tout d’un coup changer tout ce qui ne va pas depuis des années ?

Une liste trop longue de résolutions est susceptible de générer du découragement, voire l’inaction la plus totale (l’ampleur de la tâche est telle qu’on ne sais pas par quoi commencer).

B – Elles arrivent au mauvais moment

Le 1er janvier, au cœur de l’hiver, on est en « mode survie » : on a froid, on est malade, on est fatigué. L’année civile change peut-être, mais on a peu d’énergie à consacrer à des changements dans sa vie personnelle.

On serait alors tenté de prendre les résolutions pour plus tard. “Quand il fera meilleur, je m’y mettrai”, se dit-on. Mais non. Comme le disait le jingle d’une célèbre marque de flan au caramel à démouler : « le changement, c’est maintenant ! »

Lorsque je décide quelque chose, je dois prendre des actions concrètes et immédiates… Sinon j’y pense et puis j’oublie (c’est la vie c’est la vie).

C – Elles ne sont pas toujours portées par une motivation réelle

Les résolutions sont souvent en lien avec ce qui est socialement convenable ou désirable, mais pas avec ce qui nous motive profondément.

C’est sûr, j’aimerais avoir des belles tablettes de chocolat plutôt qu’un bide à bière poilu. Mais suis-je réellement prêt à consentir les efforts qu’exigent ce bénéfice final ? Dans la vraie vie, peu de gens sont suffisamment narcissiques pour faire des séries d’abdominaux uniquement pour l’aspect esthétique. Même Cristiano Ronaldo les fait (aussi) pour améliorer ses capacités de footballeur.

D – Elles contreviennent à nos bénéfices secondaires

Lorsqu’on prend une résolution de type « arrêter de », on ne pense qu’aux aspects négatifs de ce à quoi on renonce. Or il y a du positif dans tout comportement, aussi néfaste soit-il. Par exemple, fumer a aussi des avantages (ou bénéfices secondaires). Fumer permet de se donner une contenance, de socialiser et aussi de déstresser en prenant des grandes inspirations… : )

Lorsque l’on souhaite supprimer un comportement néfaste, il faut s’assurer que les bénéfices associés seront sauvegardés d’une manière ou d’une autre, sans quoi le naturel reviendra au galop.

E – Elles correspondent en réalité à des objectifs mal formulés

D’une part, les injonctions formulées négativement fonctionnent mal pour deux raisons :

  • Notre subconscient ne connaît pas la négation. Si je vous dis : « ne pensez pas à votre prochain entretien annuel », à quoi pensez-vous ? C’est l’erreur classique qu’on commet quand on dit à quelqu’un d’arrêter de stresser.
  • Pour atteindre une destination, il faut savoir où on veut aller, pas seulement où on ne veut pas aller. Si vous montez dans un taxi, et qu’il vous demande où vous souhaitez aller, a priori vous ne lui direz pas : « surtout pas à l’aéroport, et plus vite que ça, je suis pressé(e) ! »

D’autre part, les résolutions de début d’année sont trop vagues et confondent moyens et finalités.

Prenons un exemple : “dormir plus”.

C’est un peu court : plus que quoi ? De combien ? Réparti comment dans la semaine ? À partir de quand ? Jusqu’à quand ? Qu’est-ce qui m’empêchait de le faire jusqu’à présent ?

Et d’ailleurs, quel est l’intérêt de dormir plus ?

Sans doute être reposé pour mieux profiter de ses journées.

Dans ce cas, dormir plus est-il le seul moyen d’y parvenir ?

Non. Par exemple : dormir mieux (en respectant ses cycles de sommeil), méditer, rire, éviter les situations inutilement éprouvantes, etc.

En fait, cette résolution de dormir plus m’enferme dans une solution potentiellement contraignante alors même que le problème n’a pas été clairement posé.

 

II – REMPLACER LES RÉSOLUTIONS PAR DES OBJECTIFS

La plupart du temps, les choses que nous faisons pour changer et nous améliorer, nous les faisons non à l’aide de résolutions (notion “d’arrêter de”) mais grâce à des objectifs (notion “d’aller vers”).

Les objectifs permettent de modifier nos schémas comportementaux, non pas en s’y attaquant de front, mais en en faisant les prérequis et/ou les sous-produits de l’atteinte de finalités motivantes.

Exemple : lorsque je me suis inscrit en novembre au marathon de Paris avec un objectif de 3h00 (14 avril 2019), cela m’a permis de me remettre à la course à pied, à la musculation, de surveiller mon alimentation, et d’être plus attentif à mon sommeil.

Mais qu’est-ce qui définit un bon objectif ?

Un bon objectif respecte un certain nombre de points, qui figurent dans les acronymes ci-dessous :

  • SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste, Temporel),
  • PURE (Positif, EntendU, PeRtinent, Ethique),
  • CLEAR (Compréhensif, Légal, Ecrit, Approprié, Reconnu).

Bon, on est d’accord, 14 points de contrôle, ça fait un peu beaucoup.

Chez Coaching Ways, nous utilisons le SMARTECAC (SMART + Enjeux, Contrôle, Attentes, Contrat), ce qui est plus raisonnable.

Ce modèle ajoute par rapport au SMART classique l’idée importante que nos objectifs doivent être sous notre contrôle, et que nous devons nous engager vis-à-vis d’eux en passant un contrat moral. Ainsi, notre énergie sera employée tout entière à la réalisation de l’objectif, pas à sa remise en cause (comme c’est souvent le cas avec les résolutions).

À titre d’exemple, quand je n’ai pas de course programmée, j’hésite à sortir courir s’il pleut. Si j’ai une course programmée, et que la sortie est dans mon plan, je ne pose même pas la question.

Quoi qu’il arrive, un objectif doit être formulé positivement (même : « arrêter de fumer »). Il doit s’adjoindre d’un résultat tangible dans un horizon temporel défini. Et cela va sans dire, il doit aller dans le sens d’une amélioration globale de l’écosystème de celui qui le poursuit (c’est pourquoi chercher à devenir le meilleur joueur du monde de World of Warcraft n’est pas forcément souhaitable).

Et pour atteindre ses objectifs, que faut-il faire ?

Au-delà de la nature de l’objectif et de sa qualité de formulation, les meilleures chances de réussite passent par la formalisation et le partage. Maintenant que j’ai dit à tout le monde que j’allais courir le marathon de Paris en moins de 3h00, je ne peux plus me défiler… Ne jamais sous-estimer le pouvoir de l’ego !

 

CONCLUSION

Chercher à s’améliorer est une bonne chose (et ce n’est certainement pas un coach en développement personnel qui vous dira le contraire).

En revanche, les (bonnes) résolutions sont rarement une manière efficace d’y parvenir.

Donc cette année, si vous ne devez prendre qu’une seule résolution, que ce soit celle-ci  : substituer à votre habituelle liste de résolutions irréalistes l’identification, la formulation et la formalisation d’objectifs tout au long de l’année, quand le besoin s’en fait sentir. Et ça commence maintenant 

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