5 raisons de courir un marathon
5 raisons de courir un marathon

Ce n’est un scoop pour personne : l’activité physique est essentielle pour préserver santé et équilibre mental. Elle nous permet de nous sentir mieux dans notre peau, prévient le stress et l’anxiété.

Au niveau de la société française, elle n’est pas probablement pas assez encouragée et favorisée (infrastructures, horaires de travail, place dans l’enseignement), ce qui est bien dommage.

Quoi qu’il en soit, ce dimanche aura lieu la 43ème édition du marathon de Paris. La première première à laquelle je participe (mais mon 4ème marathon en tout).

J’entends souvent les non-coureurs ou coureurs occasionnels dire : « 42 kilomètres ? Je ne pourrais jamais faire ça ».

En réalité, si ! Sportifs ou non, nous en sommes tous capables à horizon 2-3 ans. Après tout, si un sumo et plusieurs centenaires l’ont déjà fait, pourquoi pas vous ?

La vraie question à se poser, c’est : « en ai-je vraiment envie » ?

Cet article présente 5 bonnes raisons de participer à un marathon.

1 – Renouer avec sa vraie nature

Nous sommes, en tant qu’êtres humains, spécialement conçus pour la course de fond.
C’est même notre avantage évolutionnel principal sur les autres espèces, avant l’intelligence.

Dans notre environnement « naturel », nous étions capables de parcourir quotidiennement entre 20 et 30 kilomètres en terrain difficile pour cueillir et chasser.
Mais rares sont les populations qui ont pu ou su conserver ce mode de vie :  lorsqu’on a goûté au confort de la vie moderne, il est difficile de revenir en arrière.

La sédentarisation a peut-être mis en sommeil nos capacités physiques, mais elles restent inscrites dans notre ADN (plusieurs centaines de milliers d’année d’évolution ne s’effacent pas comme ça).

Nous disposons tous du pouvoir de les réactiver, alors qu’attendons-nous ?

2 – Repousser ses limites personnelles

Qu’il s’agisse de faire un chrono ou simplement de finir, le marathon et la course à pied en général sont avant tout une affaire de limites personnelles.

Pour parcourir les 42,195 km de la course, les plus performants mettent à peine plus de 2h00 (le Kenyan Eliud Kipchoge détient le record du monde en 2:01 :39, réalisé à Berlin en 2018) ; les plus « contemplatifs » un peu moins de 7h00 et le commun des mortels autour de 4h00 (temps moyen à Paris en 2012 : 4h00 pour les hommes ; 4h27 pour les femmes)

Quoi qu’il arrive, il y aura toujours (beaucoup) plus rapide et toujours
(beaucoup) plus lent que vous.

En course à pied amateur, la performance ne se définit que par rapport à vous-même. Vous êtes votre seul adversaire :
Aurez-vous la discipline nécessaire pour contrôler votre allure en début de course ? Tiendrez-vous le coup quand ça commencera à être dur ? Finirez-vous en sachant que vous avez donné le maximum ?

Ce qui importe le jour de la course, c’est de faire de son mieux avec les moyens dont on dispose… Et ce qui importe dans les mois précédant la course, c’est de devenir le meilleur possible au jour J. C’est tout le but de l’entraînement.
D’ailleurs, ce qui fait la beauté de l’entraînement, c’est que le corps se sur-adapte au regard des contraintes qu’on lui impose, comme une balle qui rebondirait plus haut que là où on l’a lâchée.

D’autre part, le niveau optimal que vous pouvez atteindre en course à pied est bien entendu borné, mais cette borne n’est jamais connue précisément et ne garantit en aucun cas que vous l’attendrez. Se lancer à la découverte de ses limites personnelles est excitant, car beaucoup dépend de vous et rien n’est écrit d’avance.

3 – Devenir un planificateur avisé

Vous le savez certainement, sur marathon, si vous ne vous préparez pas suffisamment, vous allez au-devant d’une grande déception (et d’indicibles souffrances) le jour de la course.

En fait, la performance réalisée le jour de la course est la conséquence directe de la qualité de votre préparation. Vous devez arriver entraîné mais aussi reposé. C’est loin d’être simple, et c’est pour cela qu’il vous faut un plan.

Un bon plan possède 4 caractéristiques :

  • Spécificité : le plan doit être adapté à la distance et à l’allure cible (la vitesse à laquelle vous comptez courir le jour de la course), idéalement aussi au profil de la course (montées, descentes), voire aux conditions météorologiques attendues (chaleur, vent).
  • Régularité : les séances sont espacées de manière à capitaliser sur les entraînements tout assurant une récupération suffisante.
  • Progressivité :  les séances du plan sont de plus en plus exigeantes, mais de difficulté relative constante, à la faveur de l’amélioration de votre forme.
  • Diversité : varier les types de séance permet de stimuler optimalement le corps, qui sans cela s’habitue à un certain type d’effort et a tendance à stagner.

Typiquement, un plan de préparation au marathon s’établit sur 10 à 16 semaines, à raison de 3 et 6 séances par semaine. Surtout, il contient des séances de bien distinctes, visant au développement de chaque « filière de course » : vitesse (fractionné court), résistance (fractionné long), endurance (sortie longue).

Bien comprendre les principes de construction d’un plan vous aidera à concevoir vos propres plans personnalisés, pour une efficacité et une expérience de préparation optimales.

D’autre part, en matière de plan, il y a la théorie et la pratique. En effet, il est souvent très difficile d’exécuter le plan exactement tel quel.

Entre vos obligations diverses (travail, famille, amis), la fatigue, les blessures ou, a contrario, les bonnes sensations et l’envie d’en faire plus, vous serez constamment appelés à faire des arbitrages et des réadaptations.

Concevoir et exécuter un plan permet de progresser dans de multiples domaines : connaissance de soi, discernement, créativité et sens des priorités.

4 – Développer sa résilience

Certains pensent peut-être que la résilience est une qualité innée et constante. Sachez qu’il n’en n’est rien. Elle se développe et s’entretient, exactement comme un muscle.

La pratique d’une discipline exigeante comme le marathon développe immanquablement la résilience, et ce à deux niveaux :

  • À froid, pour continuer à suivre son plan dans la durée (même quand il pleut, qu’on est fatigué ou qu’on n’a simplement pas envie). Pour cela, il faut donner du sens à ce qu’on fait et de l’importance à ce qu’on a déjà accompli. La motivation est un cercle vertueux qui s’alimente notamment par le rapprochement de l’atteinte de nos objectifs et le dépassement de nos attentes.
  • À chaud, pour s’accrocher quand ça devient dur, en cours de séance préparatoire ou pendant la course elle-même. Dans ces moments-là, recourir à un mantra peut être salutaire (exemples : « Respire de la force, expire de la faiblesse » ; « Cours pour ceux qui ne le peuvent pas » ; « C’est ta course, ta bataille (fallait pas qu’elle s’en aille) » ; « Continue » ; « Tu te reposeras quand tu seras mort » )

Lorsqu’on fait preuve de résilience et qu’on parvient à triompher des difficultés pour réaliser quelque chose qui nous paraissait de prime abord impossible, on acquiert de la confiance et de la détermination pour entreprendre dans d’autres domaines de la vie (préparation d’examen, réorientation de carrière, création d’entreprise, etc.).

À ce titre, finir un marathon constitue souvent une expérience structurante (pour ne pas dire fondatrice).

5 – Se célébrer

Si vous vous êtes bien préparés, courir le marathon est une expérience incroyable à plusieurs égards :

  • C’est l’occasion de découvrir une nouvelle ville, ou une ville que vous connaissez sous un angle nouveau (en courant dans la rue à la place des voitures, vous bénéficiez de perspectives sublimes et inédites)
  • Vous faites corps avec le flot des coureurs, ce qui est grisant (un peu comme nager avec des dauphins ou voler avec des oies sauvages)
  • Vous êtes portés par les encouragements des spectateurs le long du parcours. Lorsqu’ils crient votre prénom (qui est écrit sur votre dossard), vous vous sentez pousser des ailes.
  • Vous courez à votre plein potentiel, comme si demain n’existait pas (il existe bien, mais mieux vaut ne pas y penser pour l’instant). Courir sans retenue, c’est un peu comme prendre une machine à remonter le temps et saccager une chambre d’hôtel en compagnie de Keith Moon des Who, ou vider toute une bombe de chantilly dans sa bouche, c’est régressif et libératoire.

CONCLUSION

Et vous ? Quelle est la distance la plus longue que vous ayez jamais couru ?

Si vous faites des marathons (ou plus long), qu’est-ce que ça vous apporte ? Qu’est-ce que ça vous apprend que vous pouvez appliquer aux autres dimensions de votre vie ?

Si vous n’en faites pas encore, qu’est-ce qui vous attire ? Qu’est-ce qui vous effraie ? Qu’est-ce qui vous manque pour sauter le pas ? Comment pourriez-vous l’obtenir ?

Leave a Reply

Close Menu