« Yes he did ! » – Julien F. – D’avocat d’affaires à musicien entrepreneur
« Yes he did ! » – Julien F. – D’avocat d’affaires à musicien entrepreneur

Cette semaine, je vous propose quelque chose de différent : le retour d’expérience d’un jeune trentenaire qui a réalisé une transition professionnelle spectaculaire, en accord avec sa passion et ses valeurs.

Il s’agit de Julien Farhi, un ami et une inspiration, qui cartonne en ce moment avec son projet Swing Cocktail.

Bonjour Julien, pourrais-tu nous dire qui tu es et ce que tu fais en ce moment ?

Je m’appelle Julien Farhi. J’ai 33 ans, je suis marié et jeune papa. Je vis à Paris, quartier de la Bastille et je pourrais me définir comme un musicien entrepreneur (ou l’inverse).

Après plusieurs années à travailler comme avocat d’affaires, j’ai lancé il y a quelques mois Swing Cocktail. Je propose aux organisateurs de mariages et événements des groupes de jazz manouche professionnels pour l’animation musicale de leurs soirées.

Groupes dans lesquels j’interviens aussi moi-même comme guitariste.

Très bien. Pourrais-tu nous résumer ton parcours académique et professionnel ?

J’ai fait une prépa commerciale au lycée Carnot à Paris à l’issue de laquelle j’ai intégré l’ESSEC en 2005. En parallèle, j’ai fait des études de droit qui m’ont amené à passer le barreau et devenir avocat en 2012.

J’ai travaillé environ 6 ans comme avocat d’affaires.

En janvier dernier, j’ai fait tomber la robe pour me lancer en tant que musicien professionnel.

Tu as opéré un changement radical de carrière. Qu’est-ce qui t’a décidé à sauter le pas ?

Comme pour plusieurs de mes amis arrivés la trentaine, j’avais l’envie de me lancer dans un projet entrepreneurial.

Alors que beaucoup ne savent pas vers quoi se tourner, j’avais de mon côté la chance d’avoir une passion récente, motivante… et que je pouvais exploiter pour gagner ma vie.

Je suivais en effet plusieurs musiciens sur les réseaux sociaux qui arrivaient à vivre de la pratique du jazz en animant des événements.

J’ai pensé que moi aussi, je pouvais tenter l’aventure.

Quels freins as-tu du lever ?

Les freins sont avant tout psychologiques : pas facile après 10 ans d’études, plusieurs années de vie professionnelle, de tout remettre en cause pour se lancer dans autre chose…

Il m’a fallu un peu de temps avant de franchir le pas.

Mes proches ont été d’un grand soutien.

Pourrais-tu nous expliquer ton parcours musical ?

J’ai commencé la musique assez jeune avec des cours de piano classique

A l’adolescence, je me suis mis à la guitare folk et électrique, en autodidacte.

Pendant mes années à l’ESSEC, j’ai fait pas mal de scène avec mon groupe « Belle Hélène », un trio « power-pop » pour lequel j’ai écrit mes premières chansons.

Et le jazz manouche alors ?

A cette époque, je faisais surtout de la pop et du rock. Le jazz, c’était encore terra incognita.

Un jour, j’ai été « trainé » à un concert de jazz manouche dans un bar à Paris… et ça a été une révélation. J’ai été marqué par la puissance et l’intensité que cette musique, presque centenaire, parvient à atteindre juste avec des instruments acoustiques et sans batterie (la rythmique étant assurée par la guitare).

Par curiosité et un peu par défi, j’ai donc commencé à en apprendre les bases avec des tutoriels gratuits sur Youtube.

C’était assez excitant, je redécouvrais complètement l’instrument, en même temps qu’un nouveau style (le jazz), ce qui ouvrait tout un nouveau champ des possibles.

Par la suite, j’ai acheté des tutoriels payants que je me suis mis à travailler d’arrache-pied (la nuit après le boulot). En parallèle, j’ai commencé à participer à des « jam sessions »  pour apprendre en direct auprès de meilleurs musiciens que moi.

Depuis le lancement de Swing Cocktail, j’ai davantage de temps pour pratiquer la guitare et également plus d’occasions de jouer cette musique en live, ce qui est essentiel pour progresser.

Cela fera bientôt un an que tu t’es lancé. Comment t’en sors-tu actuellement sur le plan financier ?

Mon objectif pour cette première année était de faire suffisamment de prestations pour obtenir le statut d’intermittent du spectacle, qui donne droit à un complément de revenus. Si tout va bien, je devrais le devenir dans les prochains jours.

La « rentabilité » d’une activité comme la mienne (devant être exercée sous la forme de salariat en France, donc plus lourdement imposée qu’une activité sous forme de société) est en effet conditionnée à l’obtention de ce statut

Avec 1 an de recul, de quoi es-tu le plus fier ?

Je suis heureux d’avoir réussi à trouver un mode de vie me permettant de dégager plus de temps et de gagner ma vie en exerçant une activité que j’aime.

Pour moi, le temps est une denrée bien plus précieuse que l’argent. Avec plus de temps, j’ai pu acquérir des compétences en développement web, en SEO, en photo et vidéo.

Je suis aussi très présent auprès de mon fils, né il y a quelques mois.

Que conseillerais-tu à quelqu’un qui souhaiterais comme toi quitter une voie toute tracée pour s’engager hors des sentiers battus ?

Je conseillerais principalement d’avoir un projet aux contours bien définis avant de quitter son boulot et d’être assuré du soutien de ses proches.

Enfin, on conseille souvent aux gens de ne pas se lancer dans leur passion… j’ai fait l’inverse et pour l’instant ça va !

Comment vois-tu la suite de ton aventure ? 

J’ai plusieurs idées pour Swing Cocktail : pérenniser le projet en trouvant un ou une associé(e), étendre l’offre à d’autres styles musicaux, etc.

En dehors de ce projet et toujours en lien avec la musique, je suis très attiré par la composition, notamment pour la pub et les films institutionnels. C’est un domaine avec des perspectives intéressantes avec l’essor de la vidéo sur le net notamment.

Merci Julien. Nous te souhaitons tout le succès que tu mérites. À très bientôt.

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